18 Juin 2009 : Création d’un réseau de victimes des pesticides
Depuis de nombreuses années, le MDRGF, association française de référence sur la question des pesticides, reçoit des demandes d’aide, parfois sous forme d’appel au secours, sur cette exposition aux pesticides, subie par nombre de personnes à l’échelle du territoire national. Ces dernières nous sollicitent pour avoir des informations sur la législation en vigueur et les impacts possibles des pesticides auxquels elles peuvent-être exposées.
La santé en danger.
La législation ne garantit pas une protection suffisante des victimes des pesticides : autorisation de produits pourtant reconnus dangereux par différentes agences au niveau international, absence de normes atmosphériques d’exposition des riverains, pas de limites de protection autour des habitations qui pourraient être concernées par des pulvérisations etc. Pourtant on sait que les risques de développer certaines pathologies graves sont accrus lorsqu’on manipule ces produits dangereux ou quand on vit à proximité de lieux où des pesticides sont épandus. Ainsi une étude américaine a montré que le risque de malformations chez les bébés était multiplié par un facteur 2,4 dont les mères résident près de champs pulvérisés(1). Cela montre l’importance de protéger les populations les plus vulnérables comme les enfants des expositions tôt dans leur développement physique, intellectuel et psychologique. Le risque de développer un cancer plus tard dans leur vie est augmenté. « Les cancers des enfants sont en constante augmentation de 1 à 1,5% chaque année depuis 30 ans, ce qui exclut les facteurs comportementaux. Ainsi il convient de regarder parmi les polluants environnementaux et notamment les pesticides qui sont partout dans l’alimentation, dans l’air intérieur, l’air des villes et des campagnes ainsi que l’eau. Cela pose un problème de santé publique qu’il faut régler », déclare le Dr Nicole Delépine, chef du service d’oncologie pédiatrique de l’Hôpital Raymond Poincaré.
Une campagne pour agir.
Fort de ce constat et de l’envie de venir vraiment en aide à toutes ces personnes, HEAL et le MDRGF, organisations sans but lucratif, lancent aujourd’hui, dans le cadre de leur partenariat sur la thématique Santé-Environnement, une campagne « victimes des pesticides - votre santé, notre priorité » pour informer, soutenir, conseiller, recenser, faire témoigner et mobiliser afin que demain plus personne ne sente victime des pesticides. Pour renforcer leur action, ces deux organisations ont écrit ce jour aux différents ministères concernés pour les inciter à prendre de vraies mesures de protection pour les populations touchées. Cette campagne se déroulera en plusieurs étapes et sera visible sur le site : www.victimes-pesticides.org. « Nous n’avons aucun moyen de protection puisque la législation est inapplicable sur le terrain. Ainsi pour éviter l’exposition aigue et quand nous le pouvons, nous devons quitter notre maison pour attendre que le nuage passe. Le dialogue est difficile avec les différents acteurs locaux, même les maires qui ont pourtant un devoir d’Officier de Police Judiciaire et qui devrait constater les infractions. », déplore M. Pouchin, victime.
Notre objectif : Trouver des solutions durables pour protéger toutes celles et ceux qui seraient exposés aux pesticides. « Pour protéger ces populations il convient donc d’accélérer le plan de réduction de l’utilisation ,et de retirer les molécules les plus dangereuses et faciliter la réduction de 50% des pesticides – par exemple en créant autour des communes françaises des zones agricoles « bio » qui puissent fournir les cantines scolaires. Pour atteindre ces objectifs rejoignez le réseau et témoignez sur notre site », indique Aurèle Clémencin, chargé de la campagne au MDRGF et HEAL.
(1) D.A. Schwartz and J.P. LoGerfo, Congenital limb reduction defects in the agricultural setting, Am J Pub Health, 1988, 78 : 654–57

